Oublier qui je suis, oublier les erreurs, oublier les violences, oublier tout jusqu’à mon nom. Ne vivre que pour le plaisir, plaisir d’être sans avoir été, plaisir de la chaire, plaisir de plaire.
Chercher le plaisir absolu à tout prix, toujours plus, encore plus…Et finir par le trouver un soir de Novembre. Explosion de couleur, de douceur, la vie couleur pastel, la vie irréelle. Sensation nouvelle, bien être extrême. La vie devient belle, le noir se perd, s’étire, il s’affole, il ne veut pas de la lumière, mais la lumière arrive par le petit trou d’une seringue et le noir s’efface enfin.
Je suis autre, je suis bien, je suis moi et puis comme tout à un prix, il faut payer, et la note est salée ; le noir reprend ces droits, son territoire, il se réinstalle doucement mais surement, il arrive discrètement, niveau de gris, la lumière ne se méfie pas éternelle naïve…elle lutte un moment mais que peut-elle faire devant tant de noirceur ? Alors elle s’incline et laisse la place, priant fortement pour que son amie la seringue revienne vite lui faire de la place.
Mais la lumière n’est pas sans ressource, alors vient le temps de la lutte, le combat de ma vie.
Le cœur et le corps douloureux je me traine, je me liquéfie, je deviens un animal peureux, mais je lutte, je tiens, je frappe.
Je finirais par l’avoir ce noir, gagner une fois dans ma vie, remettre la douleur dans la seringue et vivre enfin.
Mais vivre sans, sans ce moment, ce moment de pur plaisir si longtemps recherché, un ami qu’on laisse tomber, deux combattants rentrant chez eux après une guerre gagnée, Je compte les morts et je fais le deuil….